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Le plan canadien de recyclage des batteries de VÉ est introuvable — et c'est une erreur de 1 500 milliards $

Par la rédaction de Charge News 5 min de lecture

Avec plus d'un million de VÉ sur les routes canadiennes et des milliards investis dans les mines et les usines de batteries, la gestion des batteries en fin de vie est le maillon manquant de la chaîne de valeur. Seconde vie, masse noire, et pourquoi le recyclage est la stratégie industrielle qui fait défaut.

Le plan canadien de recyclage des batteries de VÉ est introuvable — et c'est une erreur de 1 500 mil

Le Canada a misé des milliards sur l'amont de la chaîne d'approvisionnement des batteries de VÉ — extraction minière, raffinage, fabrication de cellules — tandis que l'aval demeure négligé. Avec plus de 1 million de véhicules entièrement électriques et hybrides rechargeables maintenant immatriculés sur les routes canadiennes, et une cible nationale de 75 % de ventes zéro émission d'ici 2035, chacune de ces batteries devra tôt ou tard être prise en charge. La stratégie pour cette moitié du cycle de vie existe à peine.

C'est l'argument avancé par Donald MacCallum dans un texte d'opinion d'Electric Autonomy publié le 24 août, qui souligne que des entreprises privées — Moment Energy, Call2Recycle, Lithion Technologies — ont mené le recyclage, le reconditionnement et l'élimination pendant que l'investissement fédéral se concentrait en amont.

Le calcul circulaire

Les enjeux sont chiffrés : la Fondation Ellen MacArthur estime que l'économie circulaire dans trois grands secteurs américains, dont les batteries de VÉ, recèle 1 500 milliards $ US de valeur potentielle. Pour le Canada, capter sur son territoire la fin de vie des batteries signifie alimenter directement en matériaux récupérés les usines de fabrication de batteries que le gouvernement a déjà financées — en bouclant une boucle qui laisse présentement échapper de la valeur vers l'étranger.

La logique du cycle de vie fonctionne en trois paliers :

  • D'abord, la seconde vie. Les batteries de VÉ retirées des véhicules à 70–80 % de leur capacité conservent suffisamment d'énergie pour du stockage à l'échelle du réseau — notamment des tampons pour la production éolienne et solaire. Le reconditionnement retarde le recyclage et tire plus de valeur de chaque batterie.
  • Le recyclage sous 60 %. Une fois que la capacité chute sous 60 % de la capacité d'origine, la batterie est broyée en « masse noire », qui peut être traitée au Canada ou expédiée à l'étranger pour récupérer le nickel, le lithium, le cobalt et d'autres métaux.
  • Le réapprovisionnement domestique. Les matériaux récupérés qui reviendraient alimenter la production canadienne de cathodes et de cellules transformeraient un déficit d'approvisionnement en avantage industriel — moins de dépendance minière, plus de contrôle sur les intrants.

Les projets qui ont calé

L'argument du minutage prend du mordant quand on regarde ce que le Canada a déjà perdu : plusieurs projets de matériaux de batteries en aval ont été suspendus ou abandonnés, dont l'agrandissement de l'usine de cathodes de GM et POSCO Future M ainsi qu'un projet de cathodes prévu par Ford. Un flux de recyclage national alimentant ces mêmes installations est l'un des rares leviers qui pourraient les relancer — les intrants recyclés sont à l'abri des échéanciers de mise en valeur minière et des frictions commerciales qui ont contribué à faire caler les projets originaux.

Pourquoi cela importe aux conducteurs, et pas seulement à l'industrie

Si vous possédez un VÉ au Canada aujourd'hui, le parcours de fin de vie de votre batterie est réellement flou — un maquis de reprises par les concessionnaires, de points de dépôt Call2Recycle et de projets pilotes de jeunes pousses. Une stratégie cohérente fixerait des normes de collecte, garderait au pays la valeur de seconde vie et de recyclage, et finirait par alléger l'économie du remplacement de batterie pour les propriétaires. Pour un survol plus approfondi du paysage actuel du recyclage, consultez notre guide du recyclage des batteries de VÉ au Canada.

Le texte se termine sur une note qui dépasse le cas des batteries : rien de tout cela n'exige d'inventer quoi que ce soit. Les installations de collecte, les opérations d'essai et de démontage, les intégrateurs de seconde vie, les recycleurs et les transformateurs chimiques sont partout ailleurs des industries éprouvées. Ce qui manque, c'est la politique qui les relie — et avec le premier million de batteries déjà sur la route, la fenêtre pour la construire, c'est maintenant.

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Cet article est aussi disponible en anglais.

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