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Au cœur de Yarmouth Yards : St. Thomas mise son avenir industriel sur la plus grande usine de batteries VÉ du Canada
La capitale ferroviaire du Canada se réinvente en capitale des batteries. St. Thomas, en Ontario, accueillera bientôt la plus grande usine de batteries pour véhicules électriques du pays — une gigafactory de PowerCo, filiale du groupe Volkswagen, couvrant six îlots de production sur 370 acres, soit l'équivalent de plus de 200 terrains de soccer, avec un démarrage de production prévu en 2027.
L'usine est le locataire phare d'un projet plus vaste : Yarmouth Yards, un mégasite industriel de 1 500 acres que la ville a constitué pour capter la vague de fournisseurs qui suit une gigafactory. Un nouveau Property Report du Globe and Mail détaille comment le site a pris forme — et pourquoi les observateurs industriels canadiens y voient un modèle plutôt qu'un cas isolé.
Les chiffres derrière le mégasite
- 90 gigawattheures de capacité annuelle potentielle de production de batteries à plein régime — assez pour alimenter environ un million de VÉ par année, selon Volkswagen Canada.
- 3 000 emplois directs, en plus de milliers d'emplois indirects.
- 16 milliards de dollars d'appui fédéral à la production et aux ajustements fiscaux, conçus pour que la valeur après impôt de l'investissement soit comparable à celle d'une construction aux États-Unis.
- Vianode, une entreprise norvégienne de matériaux pour batteries, occupera environ 280 acres du site, selon la ville.
Un terrain prêt à bâtir, la carte gagnante
St. Thomas a acquis les terrains de Yarmouth Yards entre 2022 et 2023, des années avant le premier coulage de fondation. « Disposer d'un terrain prêt à bâtir prend des années, et sans cela, il est très difficile pour les investisseurs de se projeter à cet endroit », a déclaré au Globe Sean Dyke, directeur général de la Société de développement économique de St. Thomas. « C'est l'un des facteurs les plus importants de tout processus de sélection de site. »
La province appuie le projet par l'élargissement de la route 3 — un « lien de transport crucial » vers l'usine, selon un porte-parole du ministère ontarien du Développement économique, de la Création d'emplois et du Commerce. La ville gère l'eau, les eaux usées et les services à l'intérieur du parc.
La capacité électrique, nouvelle monnaie industrielle
Le rapport s'arrête sur une contrainte qui redessine l'immobilier industriel canadien : l'électricité. L'Operator du système électrique indépendant de l'Ontario (IESO) prévoit que la demande provinciale bondira de 75 % d'ici 2050, la fabrication liée à la chaîne d'approvisionnement des VÉ étant l'un des deux principaux moteurs. Les bâtiments anciens ne peuvent souvent pas être réaménagés rapidement pour la fabrication énergivore, ce qui pousse les fournisseurs de batteries et leur écosystème vers des sites conçus sur mesure comme Yarmouth Yards.
« Il existe tout un écosystème autour de ces investissements massifs : fournisseurs de pièces, entreprises d'automatisation, d'ingénierie, de logistique, de fabrication spécialisée et d'autres acteurs qui veulent s'implanter dans le même corridor », a expliqué au Globe Brent Rudell, de Cushman & Wakefield Sud-Ouest de l'Ontario — un effet d'entraînement qui sert la base manufacturière déjà solide du Sud-Ouest ontarien.
Une couverture délibérée face à la demande VÉ
Le pari n'est pas sans risque. Le Globe note que Volkswagen met fin à la production de l'ID.4 dans son usine du Tennessee — l'une des deux usines d'assemblage que l'opération de St. Thomas devait approvisionner — et que les ventes de VÉ en Amérique du Nord ont chuté de 27 % entre le premier trimestre de 2025 et celui de 2026, alors que les ventes mondiales ne reculaient que de trois pour cent. Au Canada, les véhicules zéro émission représentaient environ 11 % des immatriculations neuves au premier trimestre de cette année, selon Statistique Canada.
C'est précisément cette volatilité qui pousse la ville à se couvrir. « Nous voulons certainement faire croître et soutenir la chaîne d'approvisionnement des VÉ autant que possible, mais je m'attends à ce que le site se remplisse naturellement d'une base manufacturière avancée plus large », a dit M. Dyke, citant les secteurs automobile, de la défense et de la transformation alimentaire. Pour un pays qui s'efforce d'ancrer sa chaîne d'approvisionnement en VÉ, St. Thomas offre le test le plus complet à ce jour de l'idée qu'une gigafactory engendre vraiment des boucles de rétroaction gigantesques.
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Cet article est aussi disponible en anglais.
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