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Empreinte carbone des VÉ vs essence au Canada : la réponse complète sur le cycle de vie

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Empreinte carbone des VÉ vs essence au Canada : la réponse complète sur le cycle de vie

La question la plus fréquente que se posent les Canadiens au sujet des véhicules électriques est aussi la plus honnête : un VÉ pollue-t-il vraiment moins une fois qu'on compte tout ? La réponse dépend de l'endroit où vous conduisez — et dans la majeure partie du Canada, l'écart est énorme.

L'avance de départ à la fabrication que les voitures à essence ne compensent jamais

Fabriquer un VÉ — en particulier extraire et raffiner le lithium, le nickel et le cobalt de la batterie — génère plus d'émissions initiales que fabriquer une voiture à essence. Les analyses de cycle de vie de l'industrie situent généralement le fardeau de la fabrication de la batterie à environ 5 à 10 tonnes de CO₂ avant même que la voiture ne touche une route. Une berline à essence amorce sa vie avec une empreinte d'usine plus petite, mais émet environ 4 à 5 tonnes de CO₂ par année rien qu'avec le pot d'échappement et le raffinage, à des kilométrages typiquement canadiens.

Où se situe le point d'équilibre au Canada

Le point d'équilibre — le moment où les émissions cumulées du VÉ passent sous celles de la voiture à essence — dépend presque entièrement de la façon dont l'électricité est produite :

Au Québec, en Colombie-Britannique, au Manitoba et à Terre-Neuve-et-Labrador, où le réseau est écrasamment hydroélectrique, un VÉ fabriqué aujourd'hui peut compenser les émissions de sa batterie dès la première année de conduite typique. Par la suite, il fonctionne avec une fraction infime de l'empreinte carbone d'une voiture à essence pour le reste de sa vie.

En Ontario, où le nucléaire et l'hydroélectricité dominent le réseau, le retour sur investissement s'étire à environ un à deux ans. En Alberta et en Saskatchewan, où la production au gaz naturel pèse encore lourd, le retour prend plus de temps — plusieurs années selon les mix récents — mais toutes les études crédibles de cycle de vie placent quand même le VÉ gagnant sur la vie complète du véhicule, et les deux provinces ajoutent des capacités renouvelables et d'importation hydroélectrique qui déplacent le calcul un peu plus chaque année.

Le réseau continue de se verdir — jamais la voiture à essence

C'est le point structurel que les comparaisons de cycle de vie omettent souvent : les émissions d'une voiture à essence sont verrouillées le jour où elle est construite. Celles d'un VÉ sont liées au réseau auquel il se branche, et le réseau canadien est déjà l'un des plus propres au monde — environ 80 % sans émissions à l'échelle nationale, le charbon ayant été pratiquement éliminé en Ontario depuis 2014 et sa retraite étant prévue ailleurs. Chaque parc éolien, chaque projet hydroélectrique ou chaque réfection nucléaire mis en service rend rétroactivement chaque VÉ sur la route plus propre. La voiture à essence n'a aucun chemin de mise à niveau équivalent.

Le bémol de l'hiver, énoncé honnêtement

Le temps froid réduit l'autonomie des VÉ, ce qui signifie plus de recharge par kilomètre en janvier qu'en juillet. Mais les voitures à essence brûlent aussi énormément plus de carburant en plein froid — chauffe-bloc, ralenti et mélanges riches au démarrage à froid les frappent aussi. Des études portant sur de vrais hivers canadiens montrent que l'avantage carbone du VÉ rétrécit en janvier sans disparaître, même dans les provinces plus froides.

Le bilan

Sur une vie utile typique de 15 ans au Canada, un VÉ rechargé sur le mix du réseau national émet environ la moitié au tiers du CO₂ d'une voiture à essence comparable, avant même de compter la décarbonation accélérée du réseau. Dans les provinces riches en hydroélectricité, la réduction approche 80 % ou plus. La dette de fabrication est réelle, mais c'est une dette qui se rembourse — et qui continue de verser des dividendes pendant une décennie après que la voiture à essence est définitivement tombée derrière.

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Cet article est aussi disponible en anglais.

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