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Contre-tarifs en vigueur : le lobby des pièces canadiennes prévient qu'un mauvais accord commercial nuirait plus que les tarifs

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Contre-tarifs en vigueur : le lobby des pièces canadiennes prévient qu'un mauvais accord commercial nuirait plus que les tarifs

Le directeur du lobby canadien des pièces automobiles affirme que l'administration Trump est prête à nuire à ses propres constructeurs automobiles pour obtenir des concessions commerciales — et il met en garde Ottawa contre l'achat d'un répit au prix d'un mauvais accord. Flavio Volpe, président de l'Association des fabricants de pièces d'automobiles, a fait ces déclarations au New York Times quelques heures avant l'entrée en vigueur des tarifs de représailles canadiens, mardi 8 septembre.

Les nouveaux droits de 15, 25 et 50 pour cent sur environ 27,6 milliards de dollars de marchandises américaines ont débuté juste après minuit, heure de l'Est — la réponse du Canada aux droits de 50 pour cent imposés par Washington sur les exportations canadiennes le mois dernier, après l'effondrement des négociations commerciales à la fin août et le retrait des négociateurs par le premier ministre Mark Carney.

« L'assemblage américain s'arrêterait en une semaine »

M. Volpe a déclaré au Times que lorsque l'administration Trump a proposé de percevoir des tarifs sur les pièces automobiles canadiennes l'an dernier, les responsables ont réalisé que la mesure paralyszerait l'assemblage de véhicules américains en l'espace d'une semaine. Un an plus tard, il affirme que ses membres ne se laissent pas intimider par une autre ronde.

Sa campagne publique a cadré le différend en termes arithmétiques. Après que le président américain Donald Trump a menacé le 24 août de porter les tarifs automobiles à 50 pour cent dès le 1er janvier 2027, M. Volpe a écrit que l'importateur de dossier — et non le fournisseur canadien — paie les droits lorsque les pièces traversent la frontière. « Ce sont les "importateurs de dossier" qui paient les tarifs », a-t-il déclaré. « Un tarif américain menaçant les pièces automobiles canadiennes sera payé par l'assemblage automobile américain », ajoutant que sans ces pièces précises, « l'assemblage automobile dans tout le pays s'arrêterait » — et que les assembleurs américains presseraient la Maison-Blanche d'obtenir un allègement dès le jour même.

Les chiffres derrière l'impasse

  • 27,6 milliards de dollars de marchandises américaines font face à de nouveaux droits canadiens de 15, 25 et 50 pour cent depuis le 8 septembre.
  • 90 à 95 pour cent des véhicules assemblés au Canada sont exportés vers les États-Unis, selon l'Association canadienne des constructeurs de véhicules et les Économistes de la TD.
  • 110 milliards de dollars de coûts ont été ajoutés à l'industrie automobile nord-américaine par les tarifs et les perturbations commerciales au cours des 18 derniers mois, selon Lucas Malinowski, chef de la direction de Constructeurs mondiaux du Canada, tel que cité par CBC.
  • 58 pour cent — c'est le taux d'utilisation auquel tournaient les usines automobiles américaines en avril, son plus bas niveau en plus de quatre ans selon les données de la Réserve fédérale.
  • 7 traversées frontalières et plus — les composantes d'un véhicule nord-américain fini peuvent traverser la frontière canado-américaine sept fois ou plus pendant la production.

Pourquoi un mauvais accord est pire que pas d'accord, selon M. Volpe

Lors d'un rassemblement d'Unifor sur la colline du Parlement le 28 août, M. Volpe a qualifié les coûts des tarifs actuels de « très dommageables » — mais a déclaré qu'un accord faible serait pire, avertissant qu'un mauvais accord pourrait déclencher des décisions de désinvestissement dont les conséquences dureraient bien plus longtemps que n'importe quel tarif, selon BNN Bloomberg. Il a déjà déclaré au Globe and Mail qu'un taux compromis de 10 à 15 pour cent sur les exportations automobiles canadiennes ne fonctionnerait pas pour les assembleurs ni pour les producteurs de pièces, estimant le taux effectif actuel à un minimum de 12,5 pour cent et prédisant que les constructeurs finiraient par abandonner la production canadienne si un tel taux était verrouillé de façon permanente — suivant le motif déjà visible à l'usine d'assemblage Brampton de Stellantis, inactive depuis la fin 2023.

La présidente nationale d'Unifor, Lana Payne, a adopté un ton similaire, déclarant à BNN Bloomberg que le Canada doit être prêt à survivre à l'administration Trump et que des concessions ne mèneraient pas à un bon accord.

Ce qui se joue réellement

Le différend porte sur l'avenir des exemptions tarifaires de l'ACEUM. Les pièces conformes aux règles d'origine de l'accord traversent actuellement avec un tarif affiché de 25 pour cent mais ne paient généralement aucun droit. Les analystes et les responsables canadiens spéculent que Washington pourrait retirer l'exemption ACEUM pour de nombreux produits plutôt que de cibler de nouvelles catégories. Lors de la dernière ronde de négociations, l'offre de Washington aurait abaissé le tarif sur les véhicules fabriqués au Canada à un taux affiché de 15 pour cent — réductible jusqu'à 7,5 pour cent avec davantage de contenu américain, a rapporté CBC — un chiffre que les responsables canadiens jugeaient encore trop élevé. Le représentant américain au commerce, Jamieson Greer, exige un contenu américain de 50 pour cent dans le cadre plus large de la renégociation de l'ACEUM.

Pour les acheteurs canadiens de VÉ, les enjeux sont concrets : les prix des modèles électriques assemblés aux États-Unis, la disponibilité des pièces pour l'entretien, et les décisions d'investissement qui déterminent quels VÉ seront construits au Canada. Le message de M. Volpe : l'industrie peut absorber des tarifs qu'elle a déjà absorbés — mais elle ne peut pas absorber un règlement qui rendrait la production canadienne définitivement non rentable.

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Cet article est aussi disponible en anglais.

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