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Le vrai frein à l'adoption des VÉ au Canada n'est pas le prix — c'est l'appartement urbain
La conversation nationale sur l'adoption des véhicules électriques au Canada revient sans cesse au prix : incitatifs à l'achat, taux de location, écart entre les VÉ et les modèles à essence comparables. Le prix compte, mais les données de plusieurs provinces racontent une histoire plus précise. Le meilleur prédicteur de l'achat d'un VÉ par un ménage n'est pas le revenu — c'est la possession d'une place de stationnement hors rue dédiée où un chargeur peut être installé.
L'écart de stationnement, quantifié
Les données de Statistique Canada et plusieurs études provinciales d'immatriculation de VÉ convergent vers le même constat : la possession de VÉ dans les maisons individuelles avec garage tourne à un taux trois à quatre fois celui des immeubles résidentiels multifamiliaux, même à revenu de ménage constant. À Toronto et à Vancouver, où environ la moitié des ménages vivent en appartement ou en copropriété, l'écart de stationnement se traduit directement en un plafond d'adoption que les subventions à l'achat ne peuvent contourner.
Pourquoi les chargeurs en immeuble sont difficiles
Ajouter des chargeurs à un immeuble multifamilial existant comporte trois problèmes qui n'existent pas pour un garage individuel : la capacité du panneau électrique, souvent déjà près de sa limite dans les immeubles anciens ; la gestion de charge, parce qu'une douzaine de VÉ rechargeant simultanément peuvent dépasser le service de l'immeuble ; et la répartition des coûts, parce que le propriétaire, le syndicat et les locataires doivent s'entendre sur qui paie l'infrastructure et qui paie l'électricité. Chacun de ces problèmes est soluble. Ensemble, ils forment un problème de coordination qui ralentit l'adoption précisément là — les villes denses — où elle aurait le plus grand impact sur la qualité de l'air urbain.
La réponse politique rattrape
Le nouveau mandat de préparation à la recharge de la Colombie-Britannique pour la construction neuve est la réponse politique la plus directe, parce qu'elle empêche le problème de s'aggraver à mesure que le parc de logements se renouvelle. Le mandat québécois existant a produit des résultats mesurables. L'approche actuelle de l'Ontario repose sur des subventions de rénovation, utiles mais plus lentes. Le gouvernement fédéral a signalé son intérêt pour une norme nationale du code du bâtiment, qui serait le levier le plus efficace disponible, parce qu'elle s'appliquerait uniformément aux quelque quart de million de nouvelles unités multifamiliales qui seront construites au cours de la prochaine décennie.
La lecture honnête
L'adoption des VÉ au Canada continuera d'accélérer dans les banlieues et les petites villes où la recharge à domicile est simple. L'écart persistera dans les centres-villes et les corridors de transport en commun où la cause environnementale de l'électrification est la plus forte, à moins que l'écart de recharge dans les immeubles multifamiliaux ne soit traité à la même échelle que les programmes d'incitatifs à l'achat qui ont stimulé le marché suburbain. Les subventions sur le prix ne peuvent pas installer un chargeur dans un stationnement souterrain. La politique d'infrastructure doit faire cette partie.
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Cet article est aussi disponible en anglais.
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