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On peut maintenant rouler dans un VÉ chinois en Amérique — mais pas en acheter un
Voici une note étrange en bas de page de la politique commerciale nord-américaine : le Zeekr Ojai, construit en Chine, transporte maintenant des passagers payants dans les rues américaines — en tant que robotaxi. Vous ne pouvez toujours pas en acheter un aux États-Unis ni au Canada, et les murs tarifaires rendent cela improbable pour longtemps. Mais appelez un Waymo à San Francisco, Los Angeles ou Phoenix, et il y a de plus en plus de chances qu'un crossover électrique de la marque Zeekr de Geely s'arrête devant vous, avec personne au volant.
La flotte de nouvelle génération de Waymo est désormais entièrement ouverte à tous les passagers dans ses villes de lancement, et l'Ojai en est le véhicule central. La voiture est bâtie sur l'architecture Sustainable Experience de Geely, la même famille de plateformes qui sous-tend plusieurs des VÉ chinois les plus avancés, conçue dès le départ pour les ensembles de capteurs et la redondance qu'exige la conduite autonome. Pour Waymo, le choix fut pragmatique : une intégration d'origine bat la conversion d'une voiture de grand public.
L'ironie est épaisse. Les régulateurs nord-américains ont effectivement gelé les VÉ chinois hors du marché des consommateurs pour des raisons de politique industrielle, pendant qu'une des sociétés technologiques phares de l'Amérique remplit sa flotte avec ces mêmes voitures. Un robotaxi, il se trouve, est un service, pas une vente de voiture — et les règles d'approvisionnement qui tiennent Zeekr hors des salles de montre canadiennes ne disent rien d'un opérateur de flotte qui achète des véhicules pour le transport de passagers.
Pour les observateurs canadiens du monde VÉ, trois choses ressortent. D'abord, l'écart matériel est réel : rouler dans un Ojai montre à quel point l'emballage des VÉ chinois a fait un bond — espace intérieur, qualité d'assemblage, intégration discrète des écrans et des capteurs. Ensuite, le chemin de contournement des tarifs passe par les services : si les véhicules construits en Chine ne peuvent être vendus aux consommateurs, les flottes sont la porte arrière, et les syndicats des deux côtés de la frontière y prêtent déjà attention. Enfin, cela préfigure un futur canadien plausible : une province approuve un opérateur de robotaxis, et le premier « VÉ chinois » dans lequel la plupart des Canadiens s'assoient n'arrive pas par un concessionnaire, mais par une application.
Rien de cela ne signifie que Zeekr vient au Canada. La posture commerciale qui tient ces véhicules à l'écart ne montre aucun signe d'assouplissement, et la politique canadienne a largement suivi la ligne américaine sur les tarifs applicables aux VÉ chinois. Mais l'expérience de l'Ojai prouve un point qui n'était que théorique jusqu'ici : à l'ère de l'autonomie, la question « quand pourrai-je acheter cette voiture ? » compte moins que « quand pourrai-je y rouler ? » Pour un nombre croissant d'Américains, la réponse est déjà : aujourd'hui.
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Cet article est aussi disponible en anglais.
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