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Le lancement du robotaxi de Waymo à Houston montre ce dont le Canada se prive
Waymo a discrètement franchi une ligne à Houston : quiconque possède l'application peut maintenant appeler une voiture sans aucun humain à bord, à toute heure du jour, dans une zone de service couvrant le centre-ville, Midtown, le Texas Medical Center et le parc NRG. Six mois après y avoir ouvert une version bêta publique, l'entreprise détenue par Alphabet a complètement retiré les roues d'entraînement.
Ce qui rend ce lancement remarquable, ce n'est pas la technologie — Waymo fait rouler des véhicules sans conducteur à Phoenix et à San Francisco depuis des années. C'est l'échelle et la banalité. Houston est une métropole tentaculaire de la ceinture du soleil, bâtie pour la voiture, avec une chaleur estivale brutale et des orages torrentiels — exactement le genre d'environnement réel et chaotique qui devait faire craquer les robotaxis. Au lieu de cela, la flotte fonctionne, tout simplement, surveillée à distance par un personnel de sécurité qui observe sans conduire.
Les passagers ouvrent l'application Waymo One, sont jumelés à un véhicule, et sont conduits par la machine seule. Les tarifs se sont stabilisés à peu près au niveau d'Uber et de Lyft après certains ajustements en phase bêta. Les voitures se branchent aussi aux arrêts de transport en commun de Houston dans l'application, permettant de combiner un tronçon de train léger et un tronçon de robotaxi en un seul déplacement — une petite fonctionnalité qui laisse entrevoir comment l'autonomie et le transport collectif pourraient s'emboîter plutôt que se concurrencer.
Pour les Canadiens, la partie intéressante, c'est l'absence. Il n'existe aucun service équivalent au Canada — aucune ville, aucune province, aucun projet pilote avec des membres payants du grand public. Le cadre ontarien sur les véhicules automatisés demeure axé sur les essais avec conducteurs de sécurité ; le Québec a mené des projets pilotes de recherche. L'écart n'est pas vraiment technologique. C'est une question d'appétit réglementaire et de taille de marché : aucun opérateur n'a été prêt à assumer le processus d'approbation pour une ville canadienne alors que le pipeline américain — Phoenix, San Francisco, Los Angeles, Austin et maintenant Houston — offre une croissance plus rapide.
Cela pourrait changer rapidement. Les ingrédients dont le Canada aurait besoin sont tous visibles à Houston : une zone délimitée géographiquement, une application, une opération de surveillance à distance et un régulateur prêt à laisser une entreprise faire payer le grand public pour des courses sans conducteur. Quand une province dira oui — l'Ontario est le candidat évident pour commencer —, le modèle de service ressemblera probablement exactement à ceci : une bêta discrète, puis l'annonce soudaine que tout le monde peut monter à bord.
D'ici là, les voyageurs canadiens qui passent par Houston, Phoenix ou la région de la baie peuvent essayer le futur au prix d'une course de taxi ordinaire. Et les décideurs canadiens disposent d'une étude de cas en direct à une heure de vol de Toronto qui explique exactement ce qu'on leur demande d'approuver.
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Cet article est aussi disponible en anglais.
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