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Selon les propres calculs d'Ottawa, abolir le mandat sur les VÉ coûtera 90,3 milliards $ aux Canadiens
L'analyse réglementaire du gouvernement Carney évalue elle-même à 90,3 milliards $ le coût net de l'abolition de la Norme canadienne sur la disponibilité des véhicules électriques. Le chiffre provient de l'avis publié dans la Gazette du Canada le 15 août, qui calcule que les conducteurs canadiens dépenseront 53,8 milliards $ de plus en carburant tandis que les dommages causés par les changements climatiques augmenteront de 94,2 milliards $ — le tout contre 57,6 milliards $ d'économies sur le prix d'achat des VÉ entre 2026 et 2050.
Cet avis, dont The Energy Mix a fait état le premier, officialise l'abolition de la NDVÉ — la norme qui exigeait que les VÉ représentent au moins 20 % des ventes de voitures neuves cette année et 100 % d'ici 2035 — tout en reportant les règles plus strictes sur les émissions d'échappement qui devaient la remplacer.
D'où viennent les chiffres
L'analyse coûts-avantages du gouvernement se solde ainsi : 57,6 milliards $ d'économies sur l'achat de véhicules, moins 53,8 milliards $ de dépenses de carburant supplémentaires, moins 94,2 milliards $ de dommages climatiques à l'échelle planétaire absorbés en grande partie hors du Canada — d'où le coût net total de 90,3 milliards $ pour ce recul. Le document offre peu de détails sur la façon dont le volet des économies d'achat a été calculé : il projette que les voitures entièrement électriques coûteront encore plus cher que les véhicules à combustion en 2030, et que les hybrides rechargeables et les petits camions électriques demeureront plus chers jusqu'en 2035. Cette projection tranche avec l'analyse de l'Agence internationale de l'énergie, qui prévoit plutôt l'équivalence des prix des VÉ en Europe et en Amérique du Nord entre 2025 et 2030.
Fait notable, l'analyse reconnaît ne pas avoir tenu compte des coûts d'entretien inférieurs des VÉ — l'avis concède que les voitures électriques « comportent moins de pièces mobiles », qu'elles n'ont besoin ni de vidange ni de mise au point, et qu'elles se passent de bougies d'allumage et de filtres à air du moteur.
Ce qui a été aboli, et ce qui le remplace
L'abolition remonte à février, alors que la stratégie automobile du gouvernement a abandonné le mandat de ventes au profit de règles d'échappement plus strictes et de rabais à l'achat, en visant 75 % de ventes de VÉ d'ici 2035 et 90 % d'ici 2040. Le hic, révélé en août : la norme d'échappement elle-même est maintenant reportée, les responsables invoquant l'incertitude des entreprises et les pressions concurrentielles liées à la guerre commerciale américaine. L'Institut canadien du climat et l'Institut Pembina avertissent tous deux que ce report rend la cible de 75 % d'ici 2035 inatteignable.
Pour les acheteurs canadiens, rien ne change du jour au lendemain — l'abolition du mandat touche surtout les modèles que les constructeurs expédient ici et l'ardeur avec laquelle ils font la promotion de leurs rabais. Le Programme fédéral d'abordabilité des VÉ et les incitatifs provinciaux au Québec et en C.-B. se poursuivent.
Le bilan
Qu'un gouvernement publie un coût net de 90,3 milliards $ assorti à sa propre déréglementation est inhabituel, et cela fournit des munitions aux deux camps : les critiques de l'abolition disposent d'un prix officiel, tandis que le gouvernement soutient que les 57,6 milliards $ d'allègement sur le prix affiché l'emportent sur les coûts de carburant pour les ménages canadiens en particulier. Ce que le chiffre règle, c'est que le débat porte désormais sur qui paie, et quand — non sur l'existence même d'un coût.
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Cet article est aussi disponible en anglais.
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